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Famille Dreier-Halfon-Leizerovitch

Biografie von Charles Dreier, Mary Dreier und 3 weitere

Au 48-50 de la rue Beauvoisine habitent Charles et Mary DREIER, leur fille Francine, Ida HALFON et Haya LEIZEROVITCH

Charles Dreier, de nationalité française, né le 29 décembre 1901 à Paris dans le troisième arrondissement, est marié et père d’une enfant. Il est tailleur-fourreur, travaille sur commande dans son atelier situé au rez-de-chaussée et vend aussi dans son magasin les vêtements en fourrure qu’il a fabriqués. Mais le 1er janvier 1941, avec les 1ères lois d’aryanisation, il n’a plus le droit d’être commerçant et son magasin est mis sous administration provisoire puis fermé. Pour faire vivre sa famille, il travaille dans son atelier, aidé par son épouse et une employée, sans contact avec le public, pour le compte de Monsieur Pierre, fourreur 55, rue des Carmes.
Il est arrêté à son domicile, parce que né juif, par la police française dans la nuit du 6 au 7 mai 1942, lors de la 1ère rafle de 71 Juifs de sexe masculin âgés de 18 à 55 ans dans le « Grand Rouen ». Cette rafle est décidée, préparée et organisée par la section anti-juive de la Gestapo de Paris, avec l’accord d’Adolf Eichmann à Berlin, l’organisateur de la déportation des Juifs d’Europe et l’aide du Kommando de la Sipo-SD (1) régionale installé à Rouen. Puis il est détenu pendant cinq jours à la maison d’arrêt Bonne Nouvelle, secteur allemand, et le 12 mai est transféré, par le train de Paris Saint-Lazare et un autobus parisien réquisitionné, dans le camp de Drancy où il est interné. Le 22 juin 1942, il est déporté par le convoi no 3 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où il est assassiné.
Son épouse Mary Dreier, née Malka, Mary Leizerovitch le 12 septembre 1902 à Odessa (Empire russe), est Française par naturalisation. Elle aide son mari au magasin ou à l’atelier. Durant l’été 1942, elle est très surveillée par la PQJ (2) ; à partir du 18 juillet, sur ordre de la Sipo-SD, elle doit pointer deux fois par jour au siège de la PQJ. Le 13 octobre 1942, elle est arrêtée dans la rue par des Feldgendarmes qui l’amènent dans le camp d’internement de la rue Poisson (3). Elle est transférée par le train de Rouen à la gare du Bourget-Drancy et est internée dans le camp. Le 13 février 1943, elle est déportée par le convoi no 48 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où elle est assassinée.
Leur fille Francine Josette Dreier est née le 25 août 1928 à Paris et est scolarisée à l’école pratique de commerce et d’industrie 10 rue Beauvoisine. Après l’arrestation de sa mère, sa famille décide de l’éloigner des siens et de la cacher chez les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul rue Bourg-Labbé afin de la protéger. Le 16 janvier 1943 elle est recherchée par Coulon, un « chasseur de Juifs », délégué régional de la PQJ, sur ordre de Jean Spach, le directeur de cabinet du préfet Parmentier, trois antisémites zélés. Le lendemain Coulon la retrouve et l’arrête « au nom du regroupement familial », afin qu’elle rejoigne sa grand-mère, Haya Leizerovitch, et le même jour, Francine est internée à Drancy. Le 13 février 1943, elle est déportée par le convoi no 48 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où elle est assassinée.
Ida Halfon née Leizerovitch le 17 juillet 1905 à Paris, de nationalité française, est la sœur de Mary Dreier ; elle est mariée, mère d’un fils Sylvain et sans profession. Son époux ne s’est pas fait recenser en octobre 1940 et son nom n’apparaît sur aucune liste de contrôle ou d’arrestation. Il semblerait qu’il soit parti de Rouen.
Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, Ida Halfon est arrêtée, parce que née juive, à son domicile par la police française comme les autres membres de sa famille. Dirigée vers le commissariat central de police, place de l’Hôtel de ville, les policiers français vérifient son identité et selon les ordres des autorités allemandes, l’obligent à remettre tout ce qu’elle a emporté : clefs, bijoux, espèces, bons du trésor, qui sont regroupés dans une enveloppe nominative par un fonctionnaire de police qui lui remet un certificat de déposition. Après quelques heures passées dans le centre d’internement de la rue Poisson, elle est transférée par le train de Paris Saint-Lazare et un autobus parisien réquisitionné dans le camp de Drancy où elle est internée. Le 13 février 1943, elle est déportée par le convoi no 48 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où elle est assassinée.
Haya Leizerovitch née Ruderman le 18 janvier 1875 à Odessa (Empire russe) est Française par naturalisation. Son époux Abraham, décédé, tenait un magasin de vêtements « Fransyl » (4) dans le centre de Rouen. Depuis qu’elle est veuve, elle habite chez ses filles Mary et Ida.
Lors de « la Grande Rafle de Rouen et du département », elle est arrêtée chez sa fille, parce que née juive, par la police française dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, sur ordre de la section antijuive de la Gestapo de Paris qui veut « liquider le département de ses Juifs » avec l’aide de la Sipo-SD régionale installée à Rouen et l’accord d’Eichmann à Berlin. Elle est dirigée vers le commissariat central de police place de l’Hôtel de ville et selon les ordres des autorités allemandes, elle doit remettre tout ce qu’elle a emporté : clefs, bijoux, espèces que le fonctionnaire de police regroupe dans une enveloppe nominative avant de lui remettre un certificat de déposition. Après quelques heures passées dans le centre d’internement de la rue Poisson, elle est transférée, par le train de Paris gare Saint-Lazare et un autobus parisien réquisitionné, dans le camp de Drancy où elle est internée. Le 13 février 1943, elle est déportée par le convoi no 48 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où elle est assassinée à son arrivée.

1) Sipo-SD : police de sûreté allemande et service de sécurité ; souvent appelés Gestapo.
2) PQJ : police aux questions juives constituée de Français très antisémites.
3) Le centre de la rue Poisson (actuelle rue des Requis) est aménagé dans une partie des bâtiments de l’actuel collège Fontenelle.
4) Fransyl : l’abréviation de Francine et de Sylvain, ses deux petits-enfants.

© Françoise Bottois

Au 48-50 rue Beauvoisine, cinq Stolpersteine ont été posées en septembre 2021 pour honorer leur mémoire.

Photos : © famille Halfon.

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