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Fanny Batakès, Germaine Senders et Jean Senders

Biografie von Fanny Batakès, Germaine Senders und Jean Senders

Au 25ter cours Carnot habitaient Fanny BATAKÈS, sa fille Germaine SENDERS et son petit-fils Jean SENDERS.

Fanny Nupel est née le 1er février 1872 à Londres, dans le quartier ouvrier de Spitalfields, de parents réfugiés de l’Empire russe avec lesquels elle arrive en France en 1880. En 1893, elle épouse à Paris Max Batakès, dont elle est très vite veuve et dont elle conserve le nom. À partir de 1895, elle vit maritalement à Elbeuf avec Isaac Sender, originaire de Pologne russe. Le couple a quatre enfants, Adèle née en 1899, Simon (1) né en 1902, Germaine née en 1904 et Judith née en 1910. La famille habite depuis plusieurs décennies Cours Carnot. Au moment du recensement des Juifs d’octobre 1940, Fanny y réside encore avec sa fille Germaine, célibataire et mère d’un petit garçon. Germaine Senders (2), née le 18 août 1904 à Elbeuf et Jean, né le 9 avril 1936 dans cette même commune, sont citoyens français. Il est précisé sur les listes du recensement que Germaine est « née de parents israélites » mais n’a elle-même « pas de religion ». Jean n’y figure pas, peut-être sa famille a-t-elle essayé de le protéger en ne le déclarant pas. Après le décès de son compagnon Isaac en novembre 1939, Fanny Batakès a repris son commerce et travaille comme pâtissière ambulante avec son fils Simon et sa fille Germaine, qui a d’abord été ouvrière en usine. Mais dans le cadre de l’« aryanisation » des entreprises juives, la petite affaire familiale est placée sous administration provisoire en juin 1941 et la famille n’a plus de travail.
Après l’arrestation de son fils Simon dans la rafle des hommes du 6 au 7 mai 1942, Fanny Batakès fait l’objet d’un ordre d’expulsion vers l’Oise ou la Seine-et-Oise émanant de la Kreiskommandantur de Rouen, mais la décision est suspendue. Son nom figure aussi sur une liste de Juifs à arrêter lors de la rafle du 9 au 10 octobre 1942 dans la région de Rouen, mais reconnue diabétique au dernier degré, elle n’est pas emmenée à ce moment-là. C’est au cours de la grande rafle des Juifs de Seine-Inférieure, organisée par la Gestapo de Paris qui veut « liquider le département de ses Juifs », que Fanny, Germaine et Jean sont arrêtés à leur domicile par la police française dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943. Conduits d’abord au centre de regroupement et d’internement de la rue Poisson à Rouen, ils sont transférés au petit matin à Drancy. Fanny est déportée à Auschwitz dans le convoi n° 47 du 11 février 1943, tandis que Germaine et Jean partent deux jours plus tard par le convoi suivant. Sont déportés par ce convoi n° 48 du 13 février 1943 d’autres membres de la grande famille Sender(s) : l’épouse de Simon, son fils et sa cousine Anna Sender (3).
Le petit Jean Senders n’a que six ans lorsqu’il est assassiné dans le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. Les autres membres de sa famille déportés ne survivent pas eux non plus à la Shoah.

© Corinne Bouillot / photo Archives départementales de Seine-Maritime

1) Voir la biographie de Simon Senders, de son épouse Chana et de son fils Serge, qui résidaient 44 rue de Caudebec.
2) Le -s- a été ajouté à l’état civil, comme pour le reste de cette branche de la famille.
3) Voir la biographie d’Anna Sender, qui habitait 42 rue de Caudebec avec son frère Maurice, déporté quelques mois plus tôt.

Le 27 avril 2023, trois Stolpersteine ont été posées par Gunter Demnig pour honorer leur mémoire.

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