Biography of Youra and Alexandre - Choura LIVSCHITZ
Au n°247 Avenue Brugmann à Uccle habitaient les frères Livschitz, qui étaient tous deux résistants.
Alexandre (Choura) Livschitz né à Munich le 20.04. 1911 vivait à Bruxelles, avenue Brugmann, 247. Ingénieur de nationalité roumaine, entré très tôt dans la Résistance, devint Commandant de Compagnie et participa à de nombreuses actions, telle que l'exécution d'Officiers allemands. Il fût arrêté en juillet 1943.
Fusillé au Tir National à Schaerbeek - Schaerbeek, BR, BE, sous le motif de Sabotage et y inhumé, Enclos des fusillés, tombe n° 158, rangée IX (Sources [1], [18], [104] et [137])
Youra Livschitz était né à Kiev le 30 septembre 1917, il décrocha son diplôme de médecin au Jury central en 1942 après la fermeture de l’ULB.
Ils furent tous deux condamnés et exécutés au Tir national, à une semaine d'intervalle, Alexandre (Choura), le 10 février 1944 et son frère Youra, le 17 février 1944.
@bel mémorial
Communiqué de la FONDATION AUSCHWITZ :
Pose de Pavés de la Mémoire en mémoire des frères Livschitz
Le 19 avril 1943, trois jeunes résistants arrêtèrent avec des moyens dérisoires le train du 20e convoi qui transportait 1 631 juifs de la Caserne Dossin à Malines vers Auschwitz. Leur plan avait été refusé par les partisans armés qui le jugeaient trop dangereux. Ils réussirent à libérer 17 hommes et femmes avant que les gardes allemands ne réagissent par un feu nourri. Youra « Georges » Livschitz, Jean Franklemon et Robert Maistriau se connaissaient depuis l’Athénée d’Uccle et par leur fréquentation du Cercle du Libre Examen de l’ULB.
Youra, né à Kiev en 1917, décrocha son diplôme de médecin au Jury central en 1942 après la fermeture de l’ULB
Les trois camarades furent arrêtés. Alors que Jean et Robert étaient déportés en Allemagne et survécurent à la guerre, Youra réussit à s’échapper de l’immeuble de la Gestapo, avenue Louise, fut repris sur trahison et fusillé au Tir National le 17 février 1944 après un passage à Breendonk.
Son frère aîné, Choura « Alexandre », né à Munich en 1911, ingénieur de l’Université de Gand, était le chef d’un groupe de partisans armés. Blessé lors d’une action, il fut arrêté en même temps que Youra et subit le même sort. Après un passage à Breendonk, il fut fusillé au Tir National huit jours avant son frère.
Pour conserver le souvenir de ces héros, deux Pavés de la Mémoire sont scellés le 23 octobre 2013 dans le trottoir, devant leur dernier domicile librement choisi, au 247 avenue Brugmann à Uccle."
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Article paru dans La Libre Belgique:
"On ne le sait plus assez aujourd'hui, mais des centaines de convois qui emmenèrent les Juifs vers Auschwitz des quatre coins de l'Europe, un seul fut attaqué avec un certain succès par la Résistance. Et c'est chez nous que cela se passa!
En effet, le 19 avril 1943, trois jeunes résistants dont un jeune médecin juif, Youra Livschitz, parvinrent à arrêter un train qui transportait 1.631 Juifs de la caserne Dossin de Malines au sinistre camp de la mort. Certes, ils ne libérèrent qu'environ 250 prisonniers au moment même, alors que 225 autres purent sauter du train avant la frontière, mais certains allaient grâce à leur héroïsme, passer à travers les mailles nazies jusqu'à la fin de la guerre.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'histoire de Robert Maistriau, Youra Livchitz et de Jean Franklemon n'avait pas encore fait l'objet d'un livre, alors que l'événement a donné lieu à des commémorations nationales, le hasard voulant qu'ils aient accompli leur geste un peu fou le jour même du soulèvement du ghetto de Varsovie.
C'est chose faite désormais grâce à une journaliste allemande, Marion Schreiber, correspondante du «Spiegel» en Belgique, qui, par un des hasards qui parsèment une existence, avait rencontré un des survivants du convoi à Bruxelles.
Notre consoeur décida de remonter le courant de l'histoire et parvint encore à recueillir les témoignages de six témoins rescapés, de ce qui fut chronologiquement le XXème convoi. Marion Schreiber eut aussi le bonheur de rencontrer Robert Maistriau,qui reçu il y a quelques années, le titre de «Juste parmi les Nations» pour avoir sauvé de nombreux Juifs.
L'homme est resté aussi modeste qu'à l'époque, ce qui donne encore plus de relief à son témoignage.
Marion Schreiber aurait pu se limiter à conter l'épopée du train qui fut obligé de s'arrêter en rase campagne à Boortmeerbeek, mais elle a eu l'heureuse idée de mener l'enquête sur tous les acteurs, aussi bien résistants que nazis. Ce qui donne un livre d'histoire mais aussi une leçon d'humanisme très passionnante.
Coïncidence toujours: Simon Gronowski qui inspira Marion Schreiber, vient lui-même de confier au papier sa terrible expérience. Un témoignage unique puisqu'il montre comment un enfant de 11 ans vécut de l'intérieur, un mois de détention à Dossin avant l'embarquement pour Auschwitz. Sa version de l'aventure de Boortmeerbeek se double d'une belle leçon de courage qui mériterait de figurer au programme des cours de morale ou de citoyenneté... car, au lendemain du conflit, Simon Gronowski se retrouva tout seul face à son destin après la mort de son père.
Pendant 40 ans, il n'évoqua jamais son enfance. Ce n'est que depuis 1993 que cet avocat du Barreau de Bruxelles décida de rouvrir ce chapitre douloureux. Pour éclairer ses descendants. Ce qui donne un testament de vie particulièrement émouvant."
CHRISTIAN LAPORTE
https://youtu.be/gbpmHrBhP1Q
Youra Livschitz, Georges, de son nom de guerre, né à Kiev en Ukraine le 30 septembre 1917, exécuté par les Allemands à Schaerbeek, le 17 février 1944, est un héros juif de la résistance belge durant la Seconde Guerre mondiale.
Il dirigea l'attaque du XXe convoi en 1943.
Il est le frère cadet d'Alexandre Livschitz.
Les parents de Youra Livschitz, Rachel Mitschnik (née en 1889) et Szlema Livschitz, originaires de Kichinev en Bessarabie, s'installent à Munich en 1910. Alexandre (Choura), le frère ainé de Youra nait à Munich le 20 avril 1911. Inscrit en faculté de médecine, Szlema Livchitz décroche son diplôme en 1913.
Prise dans la tourmente de la guerre, la famille fuit et s'installe à Kiev où nait Youra Livschitz, le 30 septembre 1917. Le couple se sépare en 1928.
Rachel Mitschnik-Lisvchitz, qui avait étudié un an à la Sorbonne à Paris, s'installe avec ses deux fils à Bruxelles. Rachel est originaire d'une famille juive bessarabe fortunée. Elle fréquente le milieu de la théosophie et intègre la vie communautaire du docteur Nyssen (la Monada) qui attiraient des artistes et des intellectuels.
Ses enfants fréquentent l'Athénée d'Uccle que fréquentent également, Robert Leclercq, Robert Maistriau, Jean Franklemon… Alexandre, jeune adulte, s'éprend d'une institutrice adepte de la pédagogie Montessori, la famille est priée de quitter la communauté et va s'installer non loin de là, avenue Brugmann. En 1931, Youra entre en quatrième à l'Athénée d'Uccle qui s'avèrera être un véritable creuset de libres penseurs et de résistants. Il y suit l'enseignement de son professeur, Léo Moulin, socialiste convaincu, avec lequel il restera toujours en contact.
À cette époque, les frères Livchitz fréquentent le milieu intellectuel de gauche que fréquentent Hertz Jospa et son épouse Yvonne. En octobre 1935, Youra entame des études de médecine à l'Université libre de Bruxelles (ULB). Il organisera avec son ami d'enfance, Robert Leclercq, le Cercle du Libre Examen (Librex), fera partie de la troupe de Théâtre de l'université et il mettra sur pied la section basket-ball de l'université.
Au cercle Librex, il retrouve certains amis et côtoie Richard Altenhoff et Jean Burgers, qui fonderont en 1942 le Groupe G.( groupe de résistants)
Afin de gagner sa vie, Youra est représentant pour la société pharmaceutique belge Pharmacobel.
En 1940, Youra est interne à l'Hôpital Saint-Pierre de Bruxelles. En novembre 1941, l'ULB décide de fermer ses portes pour ne pas se corrompre avec les occupants.
Youra passe son diplôme de médecine devant un Jury central, composé de professeurs issus de toutes les universités du Royaume.
En juin 1942, une ordonnance allemande interdit désormais aux médecins juifs d'exercer. Rachel Livschitz, Youra et Alexandre fréquentent alors l'Atelier Marcel Hastir, que fréquentent également Robert Leclercq, Ilya Prigogine, Paul Delvaux, René Magritte.
Si les Allemands ont confisqué la bibliothèque de théosophie, l'atelier n'en reste pas moins un important bastion de cette philosophie et un point de chute pour les jeunes résistants qui y écoutent la BBC et participent à la distribution de tracts et de journaux clandestins. Youra, qui maîtrise le français, l'allemand, le russe et l'anglais, traduit des émissions et les retranscrit dans Radio Moscou.
Souhaitant alerter ses compatriotes du sort réservé aux Juifs par les nazis, il est tenu étroitement informé, notamment par son ami, Hertz Jospa, par l'entremise duquel un sociologue, Victor Martin, s'était rendu à Auschwitz pour y enquêter. Par ailleurs, des « évadés » commençaient à témoigner.
En décembre 1942, Youra aurait écrit que le projet nazi est « l'extermination totale de la population juive en Europe. » L'Université libre de Bruxelles s'organise désormais dans la clandestinité. Youra donne des cours aux débutants et c'est ainsi qu'il rencontre Jacqueline Mondo qui devient sa compagne.
C'est également en 1942 que Youra entame un Journal de guerre, il y reprend sur la page de garde une phrase de Saint-Exupéry : « Ce qui donne un sens à la vie, donne un sens à la mort. »
Youra, par l'intermédiaire d'un professeur de l'Université libre de Bruxelles, travaille pour le renseignement britannique : l'Intelligence service. Il souhaite passer à l'action et met sur pied l'attaque d'un convoi de déportation. Il parle de son projet à l'Armée belge des partisans auquel Alexandre appartenait, mais ceux-ci déclinent.
Youra recrute alors directement deux de ses amis : Robert Maistriau et Jean Franklemon. Youra contacte son ami, Robert Leclercq, du Groupe G, qui le met en contact avec le responsable de l'armement du groupe : Richard Altenhoff qui lui fournit une arme, un 6,35 mm.
L'attaque est mise au point dans l'atelier de Marcel Hastir, au 51 de la rue du Commerce à Bruxelles. Ce sera l'attaque du convoi n° XX entre Boortmeerbeek et Wespelaar. Richard Altenhoff, le « quatrième homme », sera arrêté le 3 juillet 1943, torturé, et fusillé par les Allemands.
Lors de l'attaque, Youra Livchitz a été blessé. Il se rend chez les parents de Jacqueline Mondo, Octave et Suzanne, qui mettent tout en oeuvre pour le soigner. Youra veut absolument prévenir ses co-équipiers pour qu'ils se mettent à l'abri.
Il charge Jacqueline de prendre contact avec Pierre Romanovitch, afin qu'il les prévienne. Pierre Romanovitch qui se faisait passer pour un Comte russe était en fait un délateur à la solde des Nazis.
La famille Mondo et de nombreux autres membres de la résistance sont aussitôt arrêtés. Octave et Suzanne sont emprisonnés à la prison de Saint-Gilles, le 1er juillet 1943. Octave sera fusillé par les Allemands, à Ludwigsburg en Allemagne, le 20 juin 1944 et Suzanne est transférée à Ravensbrück où elle meurt le 30 avril 1945, la veille de la libération du camp.
Jacqueline et son frère sont également arrêtés mais ils seront libérés en juin 1944.
Le 11 février 1999, Yad Vashem a reconnu Octave Mondo et Suzanne Mondo-Watrin comme Justes parmi les nations.
Après la guerre, Pierre Romanovitch est condamné à mort et exécuté.
Youra Livchitz, dénoncé par Pierre Romanovitch, est arrêté par la Gestapo dans les locaux de Pharmacobel dont il est désormais le directeur scientifique, le 13 mai 1943.
Il parvient néanmoins à s'évader de leurs locaux situés avenue Louise.
Lui et son frère seront à nouveau trahis et la camionnette qui devait les conduire à travers la France vers l'Angleterre les amènent directement à la Gestapo. Ils sont arrêtés le 26 juin 1943.
Ils furent tous deux condamnés et exécutés au Tir national, à une semaine d'intervalle, Alexandre (Choura), le 10 février 1944, Youra, le 17 février 1944.
Voici la lettre que Youra Livchitz adresse à sa mère depuis Breendonk :
« Chère maman, bien que les mots soient impuissants à exprimer tout ce que je ressens, je quitte cette cellule pour aller de l'autre côté de la vie avec calme — un calme qui est aussi une résignation devant l'inévitable. Te dire que je regrette tout ce qui s'est passé, cela ne servirait à rien. J'ai beaucoup plus de regret de ne pas être là pour t'aider à supporter la première épreuve — celle que tu as déjà subie : Choura.
J'aurais voulu être là pour qu'à deux nous puissions travailler dans le monde qui se fait. Chère maman, ne pleure pas trop en pensant à ton petit. Ma vie a été bien remplie jusqu'à présent, remplie de tout et surtout d'erreurs. Je pense à tous nos amis qui sont en prison et je leur demande pardon. Souvenez-vous de moi sans douleur. J'ai eu de bons, d'excellents camarades jusqu'à la fin et encore maintenant je ne me sens pas seul. Mes souvenirs à tous. Chère maman, je dois te dire au revoir, le temps passe. Encore une fois ce ne sont pas les derniers moments qui auront été les plus durs.
Aie confiance et courage dans la vie, le temps efface bien des choses. Pense que nous sommes morts au front, pense à toutes les familles, à toutes les mères éprouvées par la guerre, guerre que nous avons tous cru voir finir plus tôt.
Ton fils qui t'aime, Youra »
Bibliographie
Marion Schreiber, Rebelles silencieux : L'attaque du convoi de déportation no 20 pour Auschwitz, Racine, 2000 (ISBN 9781903809891, lire en ligne [archive]).
Simon Gronowski, L'enfant du 20e convoi, Bruxelles, Luc Pire, coll. « Voix personnelles », 2005, 206 p. (ISBN 9782874155314, lire en ligne [archive]).
Maxime Steinberg, Le dossier Bruxelles-Auschwitz : la police SS et l'extermination des juifs de Belgique : suivi de documents judiciaires de l'affaire Ehlers, Le Comité, 1980, 223 p. (lire en ligne [archive]).
Maxime Steinberg et Laurence Schram, Transport XX, Éditions du Musée juif de la déportation et de la Resistance, 2008, 63 p. (ISBN 9789054874775, lire en ligne [archive]).
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/19-avril-1943-le-vingtieme-convoi.html?fbclid=IwY2xjawJwYaRleHRuA2FlbQIxMQABHgyy3Zs943axxme_yjz6WUuoZtmclqXk8h3tYSJm-u_08Y2vb_3ma6zzsdYa_aem_f9dQ0aBv28Gc73R0JFa37w
Fondation Auschwitz -Association pour la mémoire de la Shoah
C.Berger
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