Biography of David, Icchok -Michal and Berck LACHMAN
Au n°56 Rue Rossini à Anderlecht vivait la famille Lachman- Kozak.
Berck Lachman naquit le 09.10.1890 à Lodz en Pologne et exercait le métier de tailleur, était l'époux de Garma Kozak. Leurs deux fils, David Lachman, né le 1.01.1924 à Lodz, son frère Icchok -Michal Lachman, né le 25.07.1926, également à Lodz, exercaient également le métier de leur père.
David Lachman, a Polish Jew, came to Belgium in 1929 at the age of 6 with his father, Berck, his mother, Garna Kozak, and younger brother, Michal Icchok, who was 3 at the time.
The family lived in Anderlecht where the father worked as a tailor. In 1938, at the age of 14, David, an apprentice-tailor, joined the Unified Socialist Young Guard in the fight against the extreme right. As a seasoned activist and resistance worker, he joined the nascent Brussels Partisan Brigade in 1942.
On 16 April 1942 he and other Brigade members set off a bomb aimed at a meeting of the Flemish SS in Le Cygne, a restaurant on the Grand Place in Brussels. Lachman’s experience was soon put to good use for the training of new recruits.
Later he was sent off to Walloon Brabant to take charge of a group of Partisans, unfortunately many of the group’s members were arrested at Céroux-Mousty on 31 March 1943.
After returning to the capital he took part in the raid of 4 May by the Brussels Partisans on the hospital of Tienen, where 8 wounded escapees from Transport 20 were being held. Sadly, six of these escapees ended up in a car driven by a man in the pay of the German police, and dropped them off at the Dossin Barracks.
On 19 April, Berck and Michal Icchok Lachman, father and brother of David, who had been arrested on 14 April were put on board Transport 20. Upon arrival at Auschwitz-Birkenau on 22 April the SS selected the sixteen year old David for slave labour with number 117,604. The boy did not survive.
His father Berck, even though he was 53, was also selected and given number 117,605. He was sent first from Auschwitz to the Kommando at Monowitz and then to Jawisowitz. He took part in the death march of January 1945 to Buchenwald where he worked in the Dora Kommando. Afterwards he was moved to Dachau where he was liberated on 29 April. After a period hospitalization and convalescence he returned to Belgium on 14 June.
In the meantime, David was still fighting with the Partisans and commanded a special brigade. He was eventually arrested in Brussels on 18 April 1944 and arrived at the Dossin Barracks on 21 April. Together with a group of fellow inmates he was put to work for a short while at the SS training camp in Schoten, about ten kilometres from Antwerp.
On 19 May 1944 he was put on Transport 25 which took him to Birkenau where he was given number 2,701. Here he was reunited with his father. David stayed in the main camp until the death marches of January 1945, eventually ending up in
Mauthausen.
As a worker in the Ebensee Kommando he participated in the uprising of 5 May when emaciated prisoners refused to appear at the morning call and routed the SS guards, just days before the arrival of the Americans. David Lachman returned to Belgium on 25 May.
David Lachman, un juif polonais, est arrivé en Belgique en 1929 à l’âge de 6 ans avec son père, Berck, sa mère, Garna Kozak, et son frère cadet, Michal Icchok, qui avait 3 ans à l’époque.
La famille vivait à Anderlecht où le père travaillait comme tailleur. En 1938, à l’âge de 14 ans, David, apprenti tailleur, rejoint la Garde socialiste unifiée dans la lutte contre l’extrême droite. Militant aguerri et travailleur de la résistance, il rejoint la Brigade partisane naissante de Bruxelles en 1942.
Le 16 avril 1942, avec d’autres membres de la Brigade, il déclenche une bombe destinée à une réunion des SS flamands à Le Cygne, un restaurant sur la Grand-Place de Bruxelles. L’expérience de Lachman fut bientôt mise à profit pour la formation de nouvelles recrues.
Plus tard, il a été envoyé en Brabant wallon pour prendre en charge un groupe de partisans Malheureusement, de nombreux membres du groupe ont été arrêtés à Céroux-Mousty le 31 mars 1943. De retour dans la capitale, il participe au raid du 4 mai des Partisans de Bruxelles sur l’hôpital de Tienen ( Tirlemont), où sont détenus 8 blessés échappés du Transport 20. Malheureusement, six de ces évadés se sont retrouvés dans une voiture conduite par un homme à la solde de la police allemande, et les ont déposés à la caserne de Dossin.
Le 19 avril, Berck et Michal Icchok Lachman, père et frère de David, arrêtés le 14 avril, ont été embarqués à bord du Transport 20. À leur arrivée à Auschwitz-Birkenau, le 22 avril, les SS ont sélectionné David, âgé de seize ans, pour le travail des esclaves avec le numéro 117604. Le garçon n’a pas survécu. Son père, Berck, même s’il avait 53 ans, a également été sélectionné et a reçu le numéro 117 605.
Il a été envoyé d’abord d’Auschwitz au Kommando à Monowitz, puis à Jawisowitz. Il a participé à la marche de la mort de Janvier 1945 à Buchenwald où il a travaillé dans la Dora Kommando. Il a ensuite été transféré à Dachau où il a été libéré le 29 avril.
Après une période d’hospitalisation et de convalescence, il est retourné en Belgique le 14 juin.
Pendant ce temps, David se battait toujours avec les Partisans et commandait une brigade spéciale. Il est finalement arrêté à Bruxelles le 18 avril 1944 et arrive à la caserne de Dossin le 21 avril. Avec un groupe d’autres détenus, il a été affecté pendant un court moment au camp d’entraînement SS de Schoten, à une dizaine de kilomètres d’Anvers.
Le 19 mai 1944, il a été mis sur le Transport 25 qui l’a emmené à Birkenau où il a également été sélectionné et reçu le numéro 117.605. Il a été envoyé d’abord d’Auschwitz au Kommando à Monowitz, puis à Jawisowitz. Là, il a été réuni avec son père.
David est resté dans le camp principal jusqu’aux marches de la mort de janvier 1945 de
Mauthausen. En tant que travailleur dans le Kommando Ebensee, il a participé au soulèvement du 5 mai lorsque les prisonniers émaciés ont refusé de se présenter à l’appel du matin et mis en déroute les gardes SS, quelques jours avant l’arrivée des Américains. David Lachman rentre en Belgique le 25 mai.
Publication info
ADRIAENS Ward, STEINBERG Maxime (et al.), Mechelen-Auschwitz, 1942-1944. The destruction of Jews and gypsies from Belgium, 4 volumes, Brussels, 2009
Dr. Maxime Steinberg & Dr. Laurence Schram
REGARDS : Mensch 2009 : Des combattants juifs, les armes à la main
Mardi 2 Février 2010 par Roland Baumann
Les cinq anciens Partisans armés juifs auxquels le CCLJ et Regards décerneront le 19 avril le titre de « Mensch de l’année 2009 » ont compté parmi les résistants belges les plus actifs et les plus déterminés contre les nazis. Modestes lorsqu’on évoque leur action héroïque, ils témoignent d’un même attachement aux valeurs humanistes et veillent à entretenir le souvenir de leurs camarades disparus.
Au printemps 1942, en Belgique occupée, les autorités poursuivent la politique du moindre mal adoptée après mai 40. Malgré l’accumulation de décrets antisémites, la plupart des Belges sont assez indifférents au sort des Juifs.
Mais à Bruxelles, une poignée de jeunes, souvent étrangers, se jettent dans la lutte armée. L’épopée des Partisans armés (PA), bras armé du Front de l’Indépendance (FI), a été étudiée par Maxime Steinberg et décrite dans un recueil de témoignages publié en 1991 par « Les Enfants des Partisans juifs de Belgique ».
Dans "Du rouge au tricolore (1992), l’historien José Gotovitch a montré comment ces guérilleros urbains, vite décimés par la répression nazie, parviennent à rompre le consensus du moindre mal dans lequel s’était installé le pays occupé, favorisant la montée d’un mouvement général de résistance.
Dans L’étoile et le fusil - La Traque des Juifs (1986), Maxime Steinberg a mis en exergue les actions des jeunes du corps mobile des Partisans armés, pour la plupart Juifs de Pologne, Hongrie et Roumanie. Sous le commandement d’Angheloff, vétéran de la Guerre d’Espagne et militant de la MOI (l’organisation clandestine de la Main-d’œuvre immigrée du Parti communiste), ils multiplient entre 1942 et 1943 les attaques contre les sympathisants de l’Ordre Nouveau et les collaborateurs des nazis, y compris ceux qui, au sein de la communauté juive, servent les Allemands.
Moins d’un an après ces premières actions, le corps mobile a perdu plus de la moitié de ses combattants. Exécutés comme otages en représailles aux attentats de la Résistance, condamnés à mort, déportés comme politiques vers les camps de concentration ou transportés à Auschwitz-Birkenau « parce qu’ils sont juifs », la plupart de ces partisans n’ont pas connu la victoire.
Doublement traqués
Maxime Steinberg a mis en évidence la coexistence d’une structure centralisée et pyramidale et du cloisonnement entre les détachements de cette organisation secrète, contrôlée par le Parti communiste, avec les besoins d’assise populaire et de relations personnelles de ses combattants.
Une tendance accélérée à Bruxelles par l’importance du recrutement de jeunes partisans juifs issus d’un même milieu culturel et sociopolitique. Disparu en mars 2009, David Lachman, dit « Le rouquin », figure emblématique des mémoires résistantes en Belgique, a témoigné devant des dizaines de milliers de jeunes de son expérience de Partisan armé, survivant de la Shoah.
Jeune garde socialiste, il avait fait ses armes à Anderlecht lors de bagarres de rues avec les rexistes, pour devenir ensuite un « combattant de l’ombre » dans l’Armée belge des Partisans. Les liens unissant ces jeunes, partisans et « courrières », étant d’autant plus forts qu’ils se trouvaient séparés de leurs familles.
Doublement traqués, pour leurs actions résistantes et parce que juifs, ils vivent intensément leur fraternité, une fraternité d’armes, mais aussi une fraternité juive.
N’hésitant pas si nécessaire à se mobiliser de leur propre initiative pour sauver un camarade en danger, tel Rik Szyffer, qu’ils enlèvent à l’hôpital d’Alost le 3 janvier 1944, malgré les objections de la direction des PA.
Fondateur des Compagnons de la Mémoire, Johannes Blum a réalisé des centaines d’interviews de résistants. Allemand, il a voulu savoir qui étaient ces gens prêts à s’insurger contre l’occupant : « J’admire l’héroïsme de ces partisans juifs qui ont défendu la Belgique alors qu’ils n’étaient pas belges et dont le sacrifice, occulté à la Libération, reste ignoré de l’opinion publique ».
Et d’ajouter une qualité particulière qui les caractérise tous : « Ils font preuve d’une grande pudeur lorsqu’ils évoquent cette période. Leur modestie est inversement proportionnelle aux exploits qu’ils ont accomplis, contrairement aux résistants de la dernière heure dont la tendance à s’épancher et à se mettre en avant est énorme »."
David Susskind exprime lui toute son admiration : « Ces résistants armés ont sauvé l’honneur du peuple juif en combattant l’occupant et leurs actions ont souvent permis de sauver des vies, sans qu’ils n’en tirent jamais de vanité ni de gloire ».
Au sujet du XXVème convoi :
https://www.kazernedossin.eu/FR/Overzicht-Transporten/Transport-XXV/Transport-25,-een-raadsel-voor-historici
https://www.auschwitz.be/fr/activites/projections
https://auschwitz.be/fr/accueil/agenda/cycle-de-documentaires-de-l-asbl-memoire-d-auschwitz-survivre-et-resister-a-auschwitz-29-janvier-2019
http://www.cclj.be/actu/politique-societe/mensch-2009-combattants-juifs-armes-main
Trois pavés en leur mémoire ont été scellés devant leur dernier domicile, à l'initiative de la Fondation Auschwitz en partenariat avec l'Association pour la Mémoire de la Shoah.
Sources - photos et documents : Kazerne Dossin -AGR - Fondation Auschwitz
C.Berger
Media
Photos
Free thanks to your help
This biography is free to read. If you like the Stolpersteine Guide, we would be glad of a small contribution.
Stolpersteine nearby
Flora EFIRA110 m
Isy - Isidore MENDROWSKI130 m
Minna STEINITZ épouse Friedmann140 m
Joël -Leijb TANCMAN190 m
Toba LEWENKRON épouse WAJSBORT240 m
Mosiek NAJMILLER240 m