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Famille Wetsztein

Biography of Ita, Régine and Édith Wetsztein

Au 74 de la rue des Bons Enfants habitent Motel, Ita WETSZTEIN et leurs deux filles.

Motel Wetsztein dit Max, naturalisé français le 19 janvier 1939, est né le 4 juin 1904 à Chelm en Pologne. Il est peintre dans le garage Citroën de Rouen. Depuis le 15 janvier 1941, il appartient à un groupe de résistance rattaché ensuite au mouvement de résistance de Libé Nord en Seine-Inférieure et participe à des sabotages mécaniques de matériel ennemi : camions, side-cars, motos, voitures de tourisme etc. jusqu’à son arrestation.
Ita Wetsztein, son épouse, naturalisée française le même jour que son mari, est née Alter le 5 mai 1910 à Swierze en Pologne. Elle s’occupe de ses deux filles et de la maison. Régine est née à Mont-Saint-Aignan le 27 novembre 1932 et Édith sa sœur cadette est née dans la même commune le 10 mai 1939.
Lors de la 1ère rafle de Juifs de sexe masculin âgés de 18 à 54 ans pendant le couvre-feu, dans la nuit du 6 au 7 mai 1942, Motel Wetsztein est arrêté à son domicile par la police française parce que né juif, sur ordre de la section antijuive de la Gestapo de Paris transmis par la Sipo-SD (1) régionale. Il est détenu pendant cinq jours à la prison Bonne Nouvelle secteur allemand et le 12 mai est transporté par le train de 8 heures 37 à Paris gare Saint-Lazare ; puis un autobus réquisitionné le conduit dans le camp de Drancy, où il est interné. Le 22 juin 1942, il est déporté par le convoi n°3 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où il survit. Le 22 avril 1945, il est libéré, rentre en France le 8 mai 1945 et revient à Rouen.
Lors de la 3ème rafle de Juifs à Rouen, dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943, Ita Wetsztein, Régine et Édith sont arrêtées à leur domicile par la police française parce que nées juives, sur ordre de la section antijuive de la Gestapo de Paris (2) transmis par la Sipo-SD régionale ; l’objectif des SS est « de liquider le département de ses Juifs ». Après avoir été dépouillées de leurs biens personnels : clefs, argent, titres, bijoux au commissariat central, elles passent le reste de la nuit dans le centre d’internement de la rue Poisson, l’actuelle rue des Requis, installé dans une partie du collège Fontenelle. Avant la fin du couvre-feu, elles sont dirigées vers la gare rive droite et transportées par le train de 5 heures 45 à Paris Saint-Lazare ; puis un autobus réquisitionné les conduit dans le camp de Drancy, où elles sont internées. Le 13 février 1943, elles sont déportées par le convoi n°48 dans le centre de mise à mort d’Auschwitz où elles sont assassinées.

1) Sipo-SD = Sicherheitspolizei et Sicherheitsdienst : police de sûreté et service de sécurité (SS) ; la Sipo-SD régionale est installée rue du Donjon, près de la tour Jeanne d’Arc.
2) L’attentat commis le 2 janvier 1943 contre le lieutenant Staedler place de la gare sert de prétexte pour déclencher la rafle.

© Françoise Bottois

Au 74 rue des Bons Enfants, trois Stolpersteine ont été posées en septembre 2020 pour honorer la mémoire d’Ita et de ses deux filles.

Photos : © famille Vestin.

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