Biografie von Suzanne DE JONGH épouse WITTEK, Alice DECARPENTERIE épouse DE JONGH, Fréderic DE JONGH und Andrée DE JONGH
Rue Emile VERHAEREN n°73 à Schaerbeek, (Bruxelles) habitait la famille DE JONGH - WITTEK - DECARPENTERIE
Une famille entrée en résistance pendant l'occupation et ayant organisé le sauvetage des pilotes anglais (réseau COMETE ) ainsi que celui de Juifs.
Quatre Pavés de Mémoire ou Stolpersteine ont été posés le jeudi 30 novembre 2023 à la demande de la commune de Schaerbeek, une pose organisée par la Commune et l'Association pour la Mémoire de la Shoah, ainsi que la Maison de la Culture juive.
"Il s’agit d’une famille de résistants schaerbeekois. La fille Andrée, dite Dédée, est fondatrice de Comète, un réseau d’évasion d’aviateurs britanniques, auquel elle associera toute sa famille dont son père, Frédéric De Jongh, directeur de l’École n°8.
Après leur arrestation, Frédéric est fusillé le 28 mars 1944 au Mont-Valérien (près de Paris). Andrée est déportée en Allemagne en juillet 1943. Elle y est internée dans plusieurs prisons, puis dans les camps de concentration de Ravensbrück et de Mauthausen, d’où elle est libérée par la Croix-Rouge internationale le 22 avril 1945. Alice Decarpentrie (1891-1971), épouse de Frédéric De Jongh et mère d’Andrée et de Suzanne, fut incarcérée à la prison de Saint-Gilles. Suzanne De Jongh (1915-1964), sœur d’Andrée, épouse de Paul Wittek, est déportée à Ravensbrück (où elle retrouve sa sœur) puis Mauthausen pour sa participation au réseau Comète. Pour en savoir plus sur Andrée De Jongh : Marie-Pierre d’Udekem d’Acoz, Andrée De Jongh. Une vie de résistante, Bruxelles, Racine, 2016.
Lieu où seront posés les pavés : devant la maison familiale, rue Emile Verhaeren 73.
Le souhait de la Commune - Séances de médiation en classe
Associer des classes à la pose des pavés de mémoire. 1 ou deux classes par famille, de 6e primaire. Enseignement libre et public confondus. La séance de pose serait précédée d’une séance de médiation en classe.
En collaboration avec la Maison de la Culture juive, la commune propose des séances de médiation aux classes qui participantes au projet."
Maison de la Culture juive.
La Libre.be :
"Marie-Pierre d'Udekem d'Acoz, née Verhaegen, est historienne diplômée de l'Université de Gand. En 2001, elle avait publié Pour le Roi et la Patrie. La noblesse belge dans la résistance, une étude qui fut saluée pour sa rigueur scientifique. Sa rencontre, en 2004, avec la grande résistante Andrée De Jongh, a donné naissance au début de cette année à une biographie magistrale de celle qui fut sans doute la plus grande résistante belge de la Seconde Guerre mondiale. Elle aurait eu cent ans ce 30 novembre. Le "hic" est que la Belgique officielle ne fera strictement rien ce mercredi pour lui rendre hommage. Ce qui attriste la chercheuse qui s'en est ouvert dans une entretien avec lalibre.be …
"Le patriotisme est une valeur importante dans la famille De Jongh. C’est une évidence qui a été renforcée par la Première Guerre mondiale. Tous les membres de la famille De Jongh, ses parents, sa tante et sa sœur lui apporteront leur aide. En juin 1943, lorsque Dédée est internée à Saint-Gilles, tous les membres de la famille sont en prison. Son père sera fusillé à Paris 28 mars 1944 et elle se sentira coupable de l’avoir entrainé dans son aventure.
Le réseau Comète fut très efficace. Pouvez-vous rappeler comment il procédait et quel fut son bilan?
Le réseau évacuait des militaires du Commonwealth qui n’avaient pu rejoindre la Grande-Bretagne en juin 1940 et ceux qui s’étaient évadés d’un camp de prisonnier de guerre, des pilotes alliés dont l’avion avait été abattu au-dessus de la Belgique, des Pays-Bas, de la France, voire même de l’Allemagne, mais également des résistants « brûlés (c.-à-d. en danger) et des volontaires qui voulaient poursuivre le combat avec les alliés.
Ces hommes rejoignaient Paris, accompagnés d’un ou une guide (ils ne pouvaient pas parler puisque la plupart ne connaissaient pas le français) où ils prenaient le train jusque dans les Basses-Pyrénées. Ils traversaient les Pyrénées à pied, arrivaient en Espagne où ils étaient pris en charge par les services secrets britanniques qui les envoyaient at home via Gibraltar. Dédée De Jongh fit le plus souvent le voyage Paris vers le Sud, ainsi que la traversée des Pyrénées. Des 118 hommes qui arrivèrent en Espagne entre le premier voyage du réseau, en août 1941, et l’arrestation de Dédée le 15 janvier 1943, elle en accompagna elle-même 78 jusqu’en Espagne (62 pilotes alliés et 16 évadés).
Après avoir connu les affres de la guerre, elle s'engagea en Afrique dans l'humanitaire. Cela montra que sa vie n'avait de sens qu'au service de ses prochains…
Elle fit après la guerre ce dont elle avait toujours rêvé, c’est-à-dire des études d’infirmière dans le but d’aller soigner les lépreux à l’instar du Père Damien, qui était un des héros de son enfance. Cette nouvelle croisade l’emmena à Coquilhatville au Congo (1954-1960), dans la brousse camerounaise (1961-1966), dans les capitales éthiopienne (1967-1978) puis sénégalaise (1980-1981).
Elle fut proche du roi Baudouin et de la reine Fabiola. Pouvez-nous rappeler quelques anecdotes à ce sujet?
Elle rencontra le roi Baudouin à Coquilhatville, lors d’une garden party dans les jardins du palais du gouverneur. Le roi Baudouin avait demandé de la rencontrer – il avait probablement eu vent de sa prodigieuse carrière de résistante – mais il lui parla surtout de la lèpre et lui demanda de le tenir au courant du combat mené contre cette terrible maladie. Andrée De Jongh fut d’emblée sous le charme et n’hésita pas, par la suite, à faire appel au Roi lorsqu’elle avait besoin de soutien professionnel, au Congo mais aussi ailleurs. Entre Dédée De Jongh et le couple royal se tisseront de profonds liens d’amitié.
A la fin de sa vie, elle mena encore un fameux combat afin que les droits des "anciens" et en particulier ceux des personnnes moins valides ne soient pas bafoués.
En 2002, Andrée De Jongh qui est malade et presque aveugle déménage à l’Institut national des Invalides de Guerre à Uccle. Deux ans plus tard, à l’instigation de quelques résidents, elle part en guerre contre la décision du ministre de la Défense Flahaut de fermer le home et de disperser ces anciens combattants, résistants et prisonniers politiques qui y vivent ensemble. La diffusion à la télévision d’un reportage qui retrace leur combat – qu’ils ont gagné ! – et qui est malicieusement intitulé « Papy et Mamy font de la résistance » permet de (re)découvrir une héroïne de la résistance, devenue une dame âgée mais qui a gardé, malgré le poids des années, toute sa combativité, son humour et des yeux malicieux bien qu’éteints."
Pensez-vous que la Belgique pourrait mieux faire sur le terrain du devoir de mémoire à l'aune des exemples proposés par la comtesse De Jongh et d'autres?
"On n'en fait jamais trop quand on essaie d’éveiller l’intérêt de nos concitoyens, et surtout des jeunes, pour des personnes courageuses, désintéressées, qui avaient ou ont le sens du devoir et du bien commun, et qui, lorsqu’il s’agit de la guerre, l’ont souvent payé de leur vie.
Il se fait que la plus grande résistante européenne pendant la Deuxième Guerre mondiale était une Belge, une petite jeune fille de Schaerbeek. Non seulement elle a créé un réseau d’évasion à 24 ans, l’a dirigé, l’a peaufiné, a payé de sa personne mais en plus, son réseau a survécu à son arrestation et a poursuivi ses activités jusqu’à la Libération. Les membres du réseau d’évasion Comète ont tous risqué leur vie pour sauver des inconnus : 600 en tout. Et pourtant, le centenaire de sa naissance passe inaperçu. …"
Christian Laporte La Libre.be
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnalites/de-jongh-andree.html
https://www.youtube.com/watch?v=rVyh49moUes
https://www.theguardian.com/news/2007/oct/22/guardianobituaries.obituaries
https://www.memoresist.org/resistant/andree-de-jongh/
C.B
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